Le collège Boris Vian aux commémorations du 8 mai 🇫🇷
Ce vendredi 8 mai, les élèves engagés dans le parcours citoyen – mémoire et commémorations – ont participé à la cérémonie au château de Saint Priest pour célébrer la capitulation allemande du 8 mai 1945.
Ils et elles ont lu devant le public la lettre de Guy Môquet à sa famille (lettre à lire à la fin de cette article) , un jeune résistant de 17 ans, arrêté en zone occupée sur dénonciation pour avoir distribué des tracts contre l’occupation allemande. Il écrit cette lettre la veille de son exécution.
Bravo aux élèves pour leur mobilisation et leur engagement, qui est très apprécié et remarqué par les élus et monsieur le maire Gilles Gascon.
Lettre de Guy Môquet à sa famille :

« Ma petite maman chérie
Mon tout petit frère adoré
Mon petit papa aimé
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, à toi en particulier petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j’aurais voulu vivre, mais ce que je souhaite de tout mon cœur c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean, j’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant à mon véritable je ne peux le faire, hélas ! J’espère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge qui je l’escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman bien des peines, je te salue pour la dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie, qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demie ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux pas en mettre davantage, je vous quitte tous, toutes, toi maman, Séserge, Papa, en vous embrassant de tout mon cœur d’enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime. »
